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Interview de Luc Sougné
Cercle
EB - Pouvez-vous
vous présenter ? Luc Sougné
- Je
m'appelle Luc Sougné, j'ai 46 ans, deux enfants. Je suis directeur d'une
société d'import-export en vins. Je pratique les
arts martiaux depuis 25 ans. Cercle
EB - Quel
a été votre parcours de taekwondoste ? L.S -
J'ai commencé le judo en 1966, je l'ai pratiqué pendant 25 ans
et je l'ai enseigné pendant 20 ans. En parallèle après trois ans de karaté,
j'ai commencé le Taekwondo que j'enseigne depuis
1980. J'ai fait quelques compétitions au tout début, j'ai été troisième
au championnat de Belgique en 1979. Mais par la suite j'ai été beaucoup
plus occupé par l'organisation et la création de la fédération. Cercle
EB - Vous
avez été secrétaire de l'ETU (Union européenne de Taekwondo),
qu'est-ce vraiment ? N'est-ce pas une fiction par rapport à la WTF ? Que
pensez-vous de la direction actuelle ? L.S -
Je pense que ce n'est pas une fiction par
rapport à la WTF, elle a sa place, elle doit avoir pour but, à
mon sens, l'organisation des forces vives européennes qui ont un rôle
à jouer au niveau mondial. Elle doit faire du TKD non
plus un simple art martial coréen mais un sport mondial et global
correspondant à la définition de l'olympisme. La
direction actuelle est arrivée au pouvoir par des moyens détournés,
sinon peu honnêtes, peu fair-play, notamment vis-à-vis de l'ancien président
M. Marco Saila. Les ambitions personnelles et les
considérations politiciennes de certains empêchent
un véritable développement de cette union tant que les grandes
lignes ne changeront pas. Cercle
EB - Quelle
est votre fonction aujourd'hui ? L.S -
Je suis président de la fédération nationale
belge et également président de la commission
des relations publiques de la fédération mondiale. Cercle
EB - Parlez-nous
du Taekwondo belge. N'est-il pas toujours reléguer au second plan européen
? L.S -
Le TKD belge n'est pas toujours au second plan européen, il y
a deux ans nous avons obtenu un titre de champion
d'Europe, l'année dernière une troisième
place au championnat du Monde. Ce sont des premières, cela montre
que le TKD belge progresse, lentement car nous sommes une petite fédération
avec des moyens relativement réduits. La motivation
du staff et des athlètes fait que ce progrès va continuer, même
si nos contraintes nous obligent à rester modestes. Cercle
EB - Quelles
sont les différences entre la Flandre et la Wallonie au niveau du TKD.
Que faites-vous pour concilier les deux régions ? L.S -
La loi belge nous oblige à avoir deux fédérations
régionales, cela complique beaucoup le fonctionnement du TKD et
des autres sports, c'est en effet le cas de tous les sports. Nous sommes
en perpétuelle recherche d'un équilibre entre les deux ailes malgré des
cultures et des sensibilités parfois différentes. La Flandre (province
néerlandophone) regroupe environ 60% des pratiquants, la Wallonie (province
francophone) donc 40%, pour un total de 7000 pratiquants
et de 160 clubs. Mon rôle en tant que président national consiste
à rechercher des solutions longuement négociées. Je m'y attelle depuis
des années déjà avec relativement pas mal de succès, même si maintenant
on connait pas mal de tentions un peu plus vives. Cercle
EB - Quel
est le programme de l'équipe nationale belge jusqu'aux J.O ? L.S -
Le programme de l'équipe belge jusqu'aux J.O (qui ne sont pas
une échéance puisque nous n'avons pas de qualifiés) sera la participation
au championnat d'Europe, au championnat du Monde l'année prochaine et
aux grands tournois européens où notre équipe a l'habitude de se tester. Cercle
EB - Vous
étiez au championnat N1, il y a des avis partagés quant à sa qualité,
qu'avez-vous vu et qu'en avez-vous pensé ? L.S -
L'idée du partage en deux championnats (N1 et N2) a l'avantage
de donner un spectacle qui théoriquement doit être de qualité puisqu'on
regroupe les meilleurs du TKD français. Le risque est que tous les athlètes
ne se donnent pas de la même façon. Le niveau était
un peu en dessous de ce que j'imaginais connaissant quelques grands
noms du TKD français qu'on a l'habitude de voir au niveau mondial. Je
pense que dans le cas de la France, la division est une bonne chose vue
le nombre important de compétiteurs. Cercle
EB - Quel
est votre pronostic pour les J.O ? L.S -
Aux J.O, je pense que la Corée et les habituels
outsiders seront là mais parallèlement, il y aura la
percée d'un certain nombre de pays qui ont montré lors des tournois
de sélection qu'ils pouvaient se transcender
et faire beaucoup mieux que ce qu'ils font habituellement. J'attends des
surprises. Cercle
EB - Que
pensez-vous du TKD français et de son évolution ? L.S -
Je connais le TKD français depuis pas mal d'années, les
dix dernières ont correspondu à une évolution assez capitale, avec
l'évolution des structures (régions, pôles, école des cadres). Cette évolution
s'est traduite par des résultats sportifs tout à fait positifs en ne citant
que Gentil, Doumbia ou Meloul. On sent qu'il y a
un travail de fond, même s'il ne porte pas encore ses fruits dans
certaines catégories, on sent que ça va arriver prochainement. Cercle
EB - Quel
est au niveau mondial, le (la) compétiteur (trice) qui vous impressionne
le plus et pourquoi ? L.S -
Je n'ai pas de noms particuliers, je préfère mettre en avant,
comme j'en ai déjà parlé, certains pays qui percent et qui expriment une
culture propre du TKD qui correspond à leur pays. Cela change de la standardisation
et apporte un peu de fraîcheur. Cercle
EB - Quand
reverra-t-on de grands compétiteurs belges en France ? L.S -
Je suppose qu'il s'agit de ceux de plus d'1m85, non s'en rigoler,
on en a vu à l'Open d'Antony. Cercle
EB - Votre
plus mauvais souvenir en TKD ? L.S -
Je n'en ai pas vraiment, si ce n'est en tant que dirigeant les
petits problèmes qui font que les choses évoluent moins vite qu'on le
désire. Lorsqu'on est à la tête d'une structure petite ou grande, il faut
savoir motiver les gens et tenir compte de la capacité de réaction de
chacun afin d'affiner les objectifs. Cercle
EB - Votre
meilleur souvenir en Taekwondo ? L.S -
Le meilleur et sans doute parmi tous, la
proclamation du TKD olympique le 15 septembre 94 à Paris lors de
la cession du centenaire du CIO. Cercle
EB - Un
dernier mot ? L.S -
Je tiens à féliciter Edouard Branco pour son initiative de site
complétement interactif. Internet s'impose comme un moyen de communication
incontournable en général et en particulier dans le sport. Plutôt que
d'avoir un ensemble de pages plutôt immobiles, comme c'est le cas de beaucoup
de sites, celui-ci est un exemple de dynamisme tout
à fait à l'image de son initiateur. interview réalisée le 3/4/2000 1999® |