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Interview d'André Lima
Cercle EB - Qui es-tu ? André Lima - Je m'appelle André Alex Lima, je mesure 1m86 et je pèse 90 Kg, je suis né dans la ville de Fortaleza au nord du Brésil, j'ai vécu dans la propriété familiale dans la montagne jusqu'à l'age de sept ans, ensuite je suis allé habiter à Brasilia, la capitale du Brésil. Cercle EB - Où et quand as-tu commencé à pratiquer le Taekwondo ? A.L - J'ai commencé quand j'étais enfant en 1979 à Brasilia, mon premier maître était un Coréen, il s'appelait Soo Myung Choi, dès le premier jour où j'ai mis mes pieds dans le do-jang, j'ai senti que le TKD serait mon destin. Mon père ne voulait pas m'inscrire à un club parce qu'il estimait que les arts martiaux étaient violents, j'ai réussi à le convaincre en lui disant que je serais ainsi meilleur dans mes études. J'ai choisi le taekwondo parce que les coups de pieds sont pour moi la partie la plus spectaculaire des arts martiaux. Cercle EB - Quel a été ton chemin avant d'arriver aux États-Unis ? A.L - Je m'entraînais tous les jours, j'ai réussi à faire de belles prestations dans des compétitions au Brésil et j'ai obtenu ma ceinture noire jeune. Je pratiquais d'autres arts martiaux, le Shotokan, où j'ai également atteint le grade de ceinture noire et le Jiu Jitsu brésilien, à l'époque où il n'était pas encore connu en dehors du Brésil. Aujourd'hui cet art martial est très connu grâce à la famille Gracie. En 1987 je décidai de découvrir le monde en pratiquant, en apprenant et en enseignant les arts martiaux, je quittai la Fac de médecine en n'écoutant pas les conseils de ma famille. J'avais le bagage que m'avaient apporté les arts martiaux : le courage, le positivisme, la persévérance et la volonté de dépasser les problèmes. Je suis parti au Portugal où je vécu un an et où j'eu l'occasion d'apprendre beaucoup et de gagner de nombreuses compétitions dont le championnat du Portugal. Cercle EB - Tu as vécu en France, qui as-tu fait et qu'est ce que t'as apporté ? A.L - Je suis resté un an en France où j'ai donné des cours dans deux des clubs de mon ami, plutôt de mon frère, Edouard Branco qui m'a beaucoup aidé et m'a fait participer à de nombreuses compétitions dans toute l'Europe. Mon Taekwondo s'est beaucoup enrichi lors de mon séjour en France, j'ai eu beaucoup de bonnes expériences, j'ai rencontré et je me suis entraîné avec de nombreux champions de différents pays. J'ai également pratiqué la canne française et le Kickboxing avec Dominique Valéra J'ai eu beaucoup de chance de connaître maître Branco, il a tout fait pour que je garde le meilleur souvenir possible de mon séjour malgré le manque d'argent. Je dois également rappeler le nom de ma compagne de l'époque, Katia Cavalcante qui était avec moi dans chacun des pas de cette aventure. Cercle EB - Que t'ont amené tes différents voyages ? A.L - Les nombreux voyages que j'ai faits et les nombreux endroits que j'ai visités pour le TKD m'ont appris à voir notre art de différentes manières. J'ai rencontré de nombreux maîtres et professeurs qui avaient des mentalités différentes, certains avaient pour but l'art martial, d'autres la compétition et d'autres encore l'argent. Le fait d'être allé dans plein d'endroits différents me permet aujourd'hui d'avoir un enseignement beaucoup plus pédagogique, ouvert et adapté. Cercle EB - Tu as joué dans quelques films, peux-tu nous en parler ? A.L - Depuis que j'habite aux USA, j'ai travaillé sur 10 films dans lesquels j'avais des rôles dans des scènes d'action ou de lutte. Cette expérience m'a permis de rencontrer des acteurs très connus tel que : Chuck Norris, Jean Claude Van Damme, Steven Segal, Arnold Schwarzenneger ou encore Dustin Hofman. A Los Angeles et à New York, j'ai donné des cours d'Acting & Fight (une technique de combat et de cascades adaptés au cinéma). Le cinéma va probablement avoir encore plus d'importance dans mon futur. Cercle EB - Tu vis à Hollywood, peux-tu nous parler de la relation entre les arts martiaux et le cinéma ? A.L - Le public raffole de scènes d'arts martiaux dans les fims d'action, les mouvements spectaculaires et acrobatiques rendent très bien à l'écran. Chaque jour, Hollywood utilise un peu plus les arts martiaux pour vendre son produit, cet engouement est positif, il attire plus de pratiquants qui autrement n'auraient pas obligatoirement découvert les arts martiaux. Cercle EB - Comment se porte le Taekwondo aux Etats-Unis, y a-t-il une grosse différence avec l'Europe ? A.L - En Europe, les compétitions attirent des participants de différents pays, chacun apportant ses techniques, cela enrichit les compétitions et les rend plus difficiles. Les compétiteurs sont alors plus obligés d'utiliser leur intelligence pour gérer le combat. Aux USA, il existe énormément d'écoles de Taekwondo mais la seule compétition qui attire véritablement des clubs étrangers est l'US Open, les compétiteurs américains sont moins habitués à avoir des adversaires complétement différents. Ce problème se ressent aux compétitions internationales (championnat du monde, coupe du monde), où les compétiteurs américains réussissent rarement de belles performances. Il faudra penser aux Américains à Sydney, ramener une médaille des J-O est un de leurs objectifs les plus importants. Cercle EB - Que penses-tu du TKD français ? A.L - Quand j'habitais en France, le Taekwondo national était bon mais pas excellent, auhjourd'hui , c'est nettement différent, grâce à des gens comme Mickael Meloul, le TKD a beaucoup évolué, il s'est également organisé. La France peut encore faire beaucoup mieux, le sport en général est bien structuré et développé, les sportifs sont aidés et il y a une forte mentalité de vaincre. La seule chose qui m'a décu en France est que le Taekwondo ne ramène pas d'argent. Je ne suis pas un commerçant des arts martiaux mais j'estime qu'une personne qui fait tout pour le développement de son sport mérite de gagner assez d'argent pour en vivre, comme un avocat ou un médecin. Cercle EB - Tu es réputé pour tes techniques de jambes, peux-tu nous donner quelques conseils pour obtenir une flexibilité comme la tienne ? A.L - Certainnes personnes ont plus de facilité que d'autres pour la souplesse, il faut donc pour progresser fournir un travail quotidien de manière progressive pour éviter de se blesser. Acquérir une bonne souplesse nécessite beaucoup de travail mais cela a ensuite une influence énorme sur la pratique. La souplesse évite bien des blessures et permet de moins se fatiguer en faisant des mouvements difficiles. Il est difficile de répondre plus précisément à cette question, il faudrait pour cela des photos montrant les techniques à faire. Cercle EB - Quel est ton plus mauvais souvenir en TKD ? A.L - Le Taekwondo n'a jamais occasionné de mauvaises choses pour moi, le seul mauvais moment est lorsque je dois laisser mon dobok de côté pour d'autres choses. Cercle EB - Quel est ton meilleur souvenir en TKD ? A.L - Il me faudrait plus de dix pages pour répondre à cette question, je dirais simplement que le TKD m'a apporté une vie saine, m'a enseigné à être fort "inside and outside", à avoir confiance en moi et à avoir un but dans la vie. Il m'a surtout permis de rencontrer ma femme Christianny, avec qui j'ai eu une fille qui aime déjà donner des "kicks". Cercle EB - Un dernier mot ? A.L - Tous les visiteurs du site qui viendront aux USA sont invités à venir visiter la Lima Martial Arts Academy à Los Angeles, mon école spécialisée dans l'enseignement du Taekwondo et du Brasilian Jiu Jitsu. Vous pouvez me contacter au 001 (310) 391-4950. 1999® |