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Interview de Moctar Doumbia
Cercle EB - Pourquoi as-tu choisi cet art martial ? Moctar Doumbia : Le Taekwondo a été la quatrième discipline qui m'a été proposée. Dans un souci de commodité, de par la proximité de la salle, je décidais de m'y inscrire. CEB - Quels sont tes principaux titres ? M.D : Mes principaux titres sont les suivants : Vainqueur de la Coupe du Monde 91, Vice-champion du monde 99, troisième au championnat du monde universitaire 98, troisième à la coupe d'Europe par équipe 95, vainqueur des Internationaux de France 93, de Barcelone 93, 95, du Mexique 99, d'Espagne 99. Champion de France 95-99. CEB - Tu reviens au plus haut niveau après une longue absence, as-tu un secret ? M.D : La reprise du Taekwondo sportif a été laborieuse. Afin de retrouver toutes mes aptitudes physiques, je me suis soumis à une préparation physique soignée. La musculation, la saison dernière à été plus importante dans mon planning que le Taekwondo. j'ai pratiqué peu le TKD car mon bagage technique me le permettait. CEB - Que penses-tu des résultats actuels de l'Equipe de France, peut-elle envisager une médaille à Sydney ? M.D : Les résultats des équipes de France ne sont pas bons à mon avis. Je pense qu'ils auraient pu être meilleurs si le travail fédéral était un peu plus logique et transparent. CEB - Que penses-tu de l'évolution du TKD français ? M.D : Il m'est difficile d'en parler. cette analyse pourra être faite un peu plus tard. CEB - Faut-il axer plus le travail sur la masse ou sur l'élite ? M.D : Une différenciation de ces deux composantes est impossible. l'élite représente la vitrine d'une fédération et elle permet une certaine reconnaissance par rapport surtout aux disciplines avoisinantes et plus généralement dans l'ensemble du monde sportif. La masse, elle, représente le vivier de nouveaux talents mais aussi le support d'une fédération forte. Au delà de l'aspect sportif, l'expansion du TKD représente une aide, une issue pour un grand nombre d'entre nous. Si un choix était malheureusement à faire, ce serait celui de la masse. CEB - Quels conseils donnerais-tu aux pratiquants voulant progresser en combat ? M.D : Le progrès en combat est une appréciation individuelle qui est confirmée ou infirmée par l'entourage. Néanmoins je préconise un travail intelligent basé sur l'intégration des règles d'arbitrage, du principe de l'interaction et du réalisme. CEB - La France est considérée comme un des meilleurs pays dans la catégorie des poids lourds, es-tu de cet avis, quelles en sont les raisons ? M.D : Effectivement, nous sommes une nation très forte chez les lourds. Que ce soit au championnat du monde ou aux sélections olympiques, les finales chez les lourds ont été franco-coréennes. CEB - T'entraînes-tu avec les autres poids lourds français ? M.D : Non. CEB - Peux-tu nous parler de ta participation au dernier championnat du monde, quels sont les pays qui ont d'après toi de grandes chances de médailles olympiques ? M.D : Le championnat du monde 99 était le second auquel je participais. En 91 à Athènes, j'avais perdu au premier tour et ce six mois après ma première place en coupe du monde. J'ai trouvé cette aventure riche en émotions de par les défaites de combattants tels que Borot et Civiletti (grande tristesse) et la victoire de l'Espagnole Elena Benitez. Ces moments m'ont tous très touchés et ont conditionné en partie mon envie de gagner. Les pays potentiellement médaillables à Sydney sont tous ceux qui seront qualifiés. La chance est ouverte à tous. CEB - Que penses-tu des règles d'arbitrage et des arbitres, as-tu des idées pour améliorer le système ? M.D : Nous ne pouvons pas fonctionner sans ces règles, ni ces messieurs tout de jaune vêtus. Néanmoins je trouve que c'est une grande hypocrisie que de porter serment sur leur impartialité en début de compétition. Pour une grande partie d'entre eux, la recherche de sympathie vis-à-vis des Coréens m'exaspère. Ils sont très peu à être intègres ! Pour améliorer ces comportements et non ces règles, il faudrait que la Corée soit sur le même pied d'égalité que les autres nations et que le président de la WTF ne soit ni coréen, ni américain, car le problème est uniquement politique. CEB - Quel est ton plus mauvais souvenir (en TKD) ? M.D : Mon plus mauvais souvenir en Taekwondo est ma défaite au championnat du monde 91. CEB - Quel est ton plus beau souvenir (en TKD)? M.D : Mon plus beau souvenir est à venir, du moins je l'espère. CEB - Un dernier mot ? M.D : L'Open d'Antony a selon moi perdu de sa superbe, moins de nations y participent. Si cela s'améliore, j' y participerai en 2000. 1999® |