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Interview d'Ireno Fargas
Ireno Fargas - Je m'appelle Ireno Fargas Fernandez, je suis marié et j'ai une fille de trois ans. je suis l'entraîneur de l'équipe nationale espagnole depuis 1987 et je pratique le taekwondo depuis 1973. Je suis quelqu'un de très calme et j'aime beaucoup les petites choses de la vie comme l'amitié et la famille.
I.F - Mon travail consiste à préparer l'équipe qui s'entraîne au centre olympique de Barcelone pour assurer une continuité dans les résultats et permettre aux jeunes d'accéder au triomphe comme leurs aînés. Je prépare également les équipes pour les compétitions importantes. J'ai une relation d'amitié avec les membres de la fédération mais c'est le professionnalisme qui domine. Le président (ndlr : Manuel Colmenero) développe de manière extraordinaire le taekwondo espagnol. Nous sommes amis depuis de nombreuses années mais mon travail, c'est d'obtenir des médailles pour mon pays et si ce n'est pas le cas, il faut changer d'entraîneur.
I.F - J'ai été champion du monde en 1983, à l'âge de 21 ans, il y a déjà 16 ans. J'ai été le premier espagnol et le troisième européen, mais tout ça, c'est du passé, ça fait partie de l'histoire. Il ne m'en reste que le souvenir. Le taekwondo actuel n'est ni meilleur ni pire qu'il y a quelques années, il est simplement différent. Je crois quand même qu'il a évolué en bien, la compétition est plus humaine, les compétiteurs mieux protégés et l'arbitrage plus juste, avec les systèmes de notation actuels.
I.F - Le plus difficile, c'est de quitter la compétition, il est important de la quitter en étant au top, avec le "triomphe entre les mains" et de ne pas y revenir. Au début, le passage au management paraît facile mais, au fur et à mesure que les années passent, on se rend compte qu'il reste beaucoup à apprendre. En tant que compétiteur, on se préoccupe seulement de soi-même alors que l'entraîneur doit s'occuper de toute l'équipe. Les joies sont énormes mais différentes.
I.F - Un sport qui n'est pas olympique n'a pas beaucoup d'avenir étant donné que l'objectif prioritaire des pays est d'obtenir des médailles mondiales et olympiques. Le changement, qu'il soit en bien ou en mal, on le verra après Sydney 2000.
I.F - Je crois qu'il est à son sommet, avec une équipe vice-championne du monde, championne d'Europe et quatre qualifiés pour les Jeux Olympiques. Tout ça, c'est aujourd'hui, et cela ne servira à rien, si on ne continue pas.
I.F - Il n'y a pas de secrets : planifier, s'entraîner, combattre à 100 % et surtout l'action de notre fédération qui investit beaucoup d'argent pour ses compétiteurs et entraîneurs.
I.F - Nous aussi nous avons eu des problèmes pour qualifier nos quatre catégories mais, grâce à Dieu, avec un peu de chance et beaucoup d'heures d'entraînement, nous avons réussi. Je ne sais pas pourquoi certains grands pays en ont qualifié moins ; dans le cas de la France, la chance et les décisions arbitrales ne lui ont pas été favorables.
I.F - La compétition aujourd'hui est beaucoup plus attrayante pour les spectateurs, avec les nouveaux systèmes de notation, les combats sont plus rapides et plus spectaculaires.
I.F - Les championnats "intermédiaires" : Coupe du monde et Championnat d'Europe seront de "deuxième choix" et une forme d'entraînement. L'objectif, c'est d'obtenir des médailles olympiques.
I.F - Je ne crois pas qu'il y ait de meilleurs entraîneurs que d'autres, le meilleur sera toujours celui qui aura le plus de compétiteurs et le plus de possibilités économiques pour pouvoir faire une préparation dans les meilleures conditions possibles. Je crois que le travail le plus difficile, ce sont les professeurs qui le font lorsqu'ils enseignent les techniques de base aux ceintures blanches dans leur gymnase.
I.F - Je pense que le TKD français est un de ceux qui a le plus évolué au niveau mondial ces derniers temps. Il y a de grands sportifs et sportives, tous déjà sacrés au niveau européen et mondial. Je sais que la fédération française fait de gros efforts pour la préparation de ses compétiteurs, elle reçoit la récompense de son travail. Le staff technique est composé de grands professionnels, surtout Philippe Bouedo.
I.F - Non, seulement que notre sport n'a pas de secrets à part l'entraînement.
I.F - Quand je vois que des amis champions et des élèves ruinent leurs vies à cause de différents vices. Des personnes qui ont été importants dans le sport et qui aujourd'hui ne sont plus rien dans la vie.
I.F - Chaque victoire est une joie mais le plus important, c'est de savoir que quand je laisserai le Taekwondo, il me restera des amis, pas beaucoup, car le mot ami dans son vrai sens ne concerne que 4 ou 5 personnes. Parmi ceux que je considère comme des amis, au delà du sport, il y a deux Français, Philippe Bouedo et Edouard Branco.
I.F - Le Taekwondo n'est qu'un jeu, ce n'est pas une question de vie ou de mort. Si on gagne, c'est bien, sinon, ce sera pour une autre fois. Il y a des choses beaucoup plus graves qui se passent dans le monde : des catastrophes avec beaucoup de morts, la faim, les maladies : ça, c'est beaucoup plus important. "FELIZ NAVIDAD Y PROSPERO AÑO 2000" 1999®
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