Me
Kim : J'ai
51 ans. je suis 8e dan et je suis conseiller technique national chargé
des universités. Je suis également professeur de TKD à
l'université de Rouen (STAPS) et dans plusieurs clubs en Normandie.
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– Que faisiez-vous avant de venir en France ?
H.S : Après
mes études universitaires en éducation physique, j'ai
effectué mon service militaire de 3 ans. J'étais affecté
à la formation technique au TKD et à la protection rapprochée
auprès des forces spéciales présidentielles coréennes.
Ensuite, j'ai enseigné le Taekwondo dans deux clubs à
Séoul.
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– Quand et pourquoi vous êtes-vous installé en France
?
H.S : Je
suis arrivé en France en 1979, à Paris, pour développer
le Taekwondo qui en était à ses débuts.
Je suis ensuite resté 5 ans à Montpellier où j'enseignais
dans 4 clubs. Enfin, je me suis établi à Rouen où
j'enseigne depuis 1985.
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– Quel a été votre rôle dans la construction
du TKD français ?
H.S : J'ai
introduit le TKD en Normandie où j'ai crée le premier
club (Club universitaire de Rouen). Depuis une vingtaine de clubs ont
vu le jour. Et chaque année mon club organise un open qui reçoit
plus de 30 clubs de toute la France. J'ai crée le premier critérium
universitaire français qui a été l'embryon du championnat
de France universitaire.
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– Après plus de 30 ans, que pensez-vous de son évolution
?
H.S : Le
TKD a connu un développement fulgurant ces quatre dernières
années. Nous avons profité de l'effet Sydney. Mais la
discipline offre encore de gros potentiels en terme de licenciés
et de réservoirs de talents.
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– N'avez-vous pas l'impression qu'il est simplement devenu
un sport de combat ?
H.S : En
tant qu'expert coréen, je garde un regard intéréressé
et attentif sur l'évolution de notre art martial. Celui-ci
doit doit continuer de se développer afin de profiter pleinement
de l'engouement qu'il suscite à travers le Monde. Mais en
même temps, nous devons rester prudents
pour ne pas dénaturer notre discipline. |
Me
Kim en action |
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– Que faudrait-il faire pour développer la technique en
Taekwondo ?
H.S : Il
faut développer les compétitions techniques et les rencontres
d'experts tout en restant ouvert aux préoccupations des pratiquants.
De nombreux points de vue s'affrontent dans ce
domaine. Nous devons travailler tous ensemble pour harmoniser les pratiques.
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– Le TKD est-il devenu un simple moyen de se "défouler"
?
H.S : J'attache
une importance capitale à la philosophie de notre discipline.
Et j'aime le rappeler à chaque cours : "le
TKD est la discipline du corps et de l'esprit." Or on a
tendance à considérer l'âme et le corps de façon
dichotomique alors que la pratique du Taekwondo doit tendre à
leur union.
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– La fonction du maître a-t-elle encore un sens dans le
Taekwondo d'aujourd'hui ?
H.S : le
maître prend un sens particulier dans un art martial et c'est
encore le cas pour le TKD aujourd'hui. Car je
persiste à croire que les champions d'aujourd'hui doivent se
concentrer à, la formation technique de leurs futurs élèves.
Et ainsi chacun se ressourcera en allant puiser aux racines de l'art
martial.
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– Quel est d'après vous le rôle du professeur vis-à-vis
de l'élève ?
H.S : Le
professeur doit apprendre à son élève à
développer ses capacités tant au niveau sportif qu'humain.
Il doit poser les jalons permettant l'épanouissement du pratiquant.
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– Que pensez-vous du développement du Taekwondo universirtaire
?
H.S : Je
suis cela avec un grand intérêt puisque j'ai initié
le premier critérium.
Toutefois les problèmes de calendrier peuvent perturber une très
forte mobilisation des athlètes qui se préparent également
pour les autres compétitions nationales. On constate en tout
cas que le TKD rencontre un succès croissant dans les clubs universitaires.
Chaque année, on compte de plus en plus de clubs universitaires.
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– Comment voyez-vous le futur du TKD olympique ?
H.S : Le
TKD a tous les atouts de son côté pour rester olympique.
Pour cela notre discipline doit rester agréable à regarder
et facile à comprendre pour ce qui est de son réglement.
Ainsi on évitera d'ailleurs les contestations de l'arbitrage.
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– Quelle est votre définition du mot "Taekwondo"
?
H.S : Le
Taekwondo signifie littéralement : "Parvenir à l'harmonie
du corps et de l'esprit par la force des pieds et des poings".
Aussi le but ultime du TKD n'est pas tant d'enseigner des techniques
de pieds et de mains, mais plutôt de parvenir à maîtriser
son corps.
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– Quel a été votre plus mauvais souvenir en TKD
?
H.S : Après
une grave blessure au pied qui a necessité 6 points de suture,
je n'ai pas voulu annuler un stage technique qui réunissait des
pratiquants venant de loin. Donc malgré l'interdiction du médecin
de poser le pied par terre, j'ai mené ce stage durant quatre
jours. Ce fut un souvenir douloureux mais... inoubliable.
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– Quel est votre meilleur souvenir en TKD ?
H.S : En
1994, au cours de la 103e session du Congrès olympique qui se
tenait à Paris, je travaillais aux côtés du docteur
Un Yong Kim pour la reconnaissance du TKD comme discipline olympique.
Et c'est à l'annonce de cette nouvelle par M. Samaranch, le 4
septembre 1994, que je voyais tous nos efforts récompensés.
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– Un dernier mot ?
H.S : Quelle
que soit la pratique que l'on a de la discipline, compétition
ou technique, que l'on soit expert ou débutant, on doit toujours
garder à l'esprit les principes qui guident notre art martial
: discipline, honneur, respect, modestie et courage.