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"Au Mondial militaire, je suis parti sans entraîneur ni dirigeant et j'étais hébergé par l'équipe de Corée..." WEBTKD - Quel est votre palmarès ? P.B. - J'ai 9 titres de champion de France senior consécutifs, le premier en 1979 et le dernier en 1988. J'ai été troisième au championnat du Monde à Guyaquil (Equateur) en 1982, vice-champion d'Europe en 1983 à Rome - je n'ai pas disputé la finale à la suite d'une blessure, champion du monde militaire en 1987 et après cela j'ai arrêté ma carrière de compétiteur. WEBTKD - Le championnat du monde militaire, c'est - j'imagine - l'événement le plus important ? P.B. - En termes de résultats, bien sûr : le championnat a eu lieu en Corée. Sur huit catégories, la Corée a remporté sept médailles d'or et une d'argent. Le seul titre qui lui a échappé, c'était le mien et c'était en Corée ! Cela avait marqué. WEBTKD - Vous souvenez-vous du déroulement de la compétition ? P.B. - J'ai
dû faire quatre combats et il y a eu un forfait. J'ai rencontré
un Jordanien et le Coréen en finale. Au championnat du monde militaire,
il y a davantage d'engagement physique. Ce sont les mêmes pays que
l'on retrouve aux championnats du monde civils et aux championnats du
monde universitaires ou militaires : l'Egypte, la Corée, la Jordanie,
certains pays d'Asie aussi. Pour ces pays, la frontière entre militaires,
étudiants et civils n'est pas forcément la même que
pour nous. J'étais au bataillon de Joinville à l'époque. Je suis parti tout seul, sans entraîneur, sans dirigeant, sans personne. J'étais hébergé par l'équipe de Corée. Le seul Français dans la salle, en dehors de moi, était le général Duguet, président du CISM (Commissariat international au sport militaire). Au début de la compétition, il était très zen mais il a fini debout, très heureux qu'un Français gagne sous sa présidence. WEBTKD - Qu'est-ce que vous en gardez aujourd'hui ? P.B. - Cela fait partie des étapes de ma vie. Comme combattant, j'ai eu des titres de champion de France, des victoire en open, puis la médaille de bronze de Guyaquil, puis mon entrée à l'Institut national des sports où j'ai été le premier Taekwondoïste. J'ai été également le premier Taekwondoïste à intégrer le bataillon de Joinville, à bénéficier d'un contrat de préparation olympique, à être champion du monde militaire... WEBTKD - Comment vous étiez-vous préparé pour cette compétition ? P.B. - J'avais organisé ma préparation. J'étais étudiant (BTS en action commerciale) et j'étais aussi à l'INSEP. Tous mes amis de Paris me servaient de sparring : ils venaient s'entraîner avec moi à l'INSEP. C'était un petit pôle France avant la lettre. Il y avait Frédéric Lefevre, Michel Desroses, Tao Tong...
"Tout le monde, même les karatékas, se retrouvait aux deux compétitions annuelles." WEBTKD - Vous avez
le sentiment qu'avec la structure d'aujourd'hui, vous auriez pu faire
encore mieux... WEBTKD - Au niveau national, quand vous avez commencé votre carrière, qu'est-ce que c'était le Taekwondo en France ? P.B. - Il y avait deux compétitions annuelles : la coupe de France et le championnat de France. Nous étions tous élèves de maîtres coréens ; il y avait cinq maîtres coréens qui s'étaient partagé la France. Les compétitions étaient l'occasion de se retrouver tous, et même des karatékas comme Pinda qui venaient s'y frotter. WEBTKD- Quelqu'un a dit de vous que vous étiez un des précurseurs du Taekwondo moderne. Comment comprenez-vous cette phrase ? P.B. - Peut-être parce que notre volume d'entraînement était plus élevé que ce qui se faisait à l'époque. La plupart des gens s'entraînaient trois fois par semaine ; nous nous entraînions tous les jours, voire deux fois par jour. Ce qui nous manquait un peu, c'était l'opposition parce que nous nous entraînions toujours entre nous. Si je suis un des précurseurs du sport moderne, c'est peut-être, parce que j'ai rapidement considéré le Taekwondo comme un sport, que je suis sorti de l'enseignement classique et que j'ai intégré des aspects de préparation physique, de suivi médical, de récupération. WEBTKD - Et techniquement, au niveau des combats ? P.B. - Techniquement, j'avais deux ou trois coups de pied un peu spectaculaires (tuyo mondolyo tchagui, nélyo tchagui) et comme l'ensemble des compétiteurs n'avait pas le même niveau technique, cela sortait un peu du lot. A l'époque, les coups de pied sautés retournés ou les coups de pied marteau étaient plus rares. WEBTKD - Les protections étaient-elles les mêmes que maintenant ? P.B. - Quand j'ai commencé la compétition, il n'y avait que la coquille et le plastron : pas de casque ni de protège-tibia et avant-bras. Les aires de combat étaient délimitées au scotch sur le plancher des gymnases. Vers la fin de ma carrière, le casque est devenu obligatoire. WEBTKD- Comme dirigeant, que vous a apporté votre expérience de compétiteur de haut niveau ? P.B. - Au départ, je n'envisageais pas de devenir dirigeant. J'avais un diplôme, je voulais travailler dans l'immobilier. J'avais un club de Taekwondo. C'était toujours ma passion. Et puis on est venu me chercher. Forcément, comme nous avons été la première génération de combattants, nous sommes devenus la première génération de dirigeants ! Les dirigeants actuels de la fédération, que ce soit le président, Paul Viscogliosi ou le trésorier, Roger Piarulli, étaient membres de l'équipe de France. J'avais fait des études, je parlais anglais, je maîtrisais bien le Taekwondo, je me suis donc retrouvé entraîneur de Taekwondo, puis directeur des équipes de France, puis directeur technique national. © WEBTKD.com. Tous Droits Réservés. |