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COMPETITIONS

Championnat de France senior N1

16 janvier 2000

L’élite du Taekwondo français (environ 100 compétiteurs) était présente au magnifique gymnase Pierre de Coubertin à Paris, gymnase qui a accueilli le championnat d’Europe junior de Taekwondo en 1992. Un public nombreux, une grosse couverture médiatique, des combats de haut niveau : le Taekwondo est bien devenu un sport olympique.

Janaïna Lemoine, une série en or

Chez les féminines, en - de 47 kg, France Pouzoulet confirme sa domination au niveau national, même si elle a eu des difficultés pour se défaire de Sandrine Larue en finale, score final 7 à 6. En - de 51 kg, Janaïna Lemoine du Cercle Edouard Branco, récente championne d’Europe poomse, obligée de suivre un régime draconien pour se maintenir dans la catégorie dans laquelle elle était automatiquement qualifiée, a largement battue l’expérimentée Fathia Bouarroudj 8 à 2 en finale.  Un bel exemple de polyvalence combat/technique !!!

Céline François en - de 55 kg (6 à 0), Carine Zelmanovitch en - de 59 kg (6 à 1) et Ogéné Mojinson en - de 63 kg (par disqualification de son adversaire) se sont logiquement et sans trop de difficultés imposées.

En - de 67 kg, Valérie Wiet-Hénin a gagné à la suite de la disqualification de son adversaire, Ghylène Lara, blessée alors qu’elle menait de 2 points, l’or était à sa portée...

En - de 72 kg, Audrey Maurice a gagné par K.O. Toujours aussi puissante, elle est une des favorites pour représenter la France en féminines + de 67 kg aux J.O. En + de 72 kg, Myriam Baverel s’est imposée 7 à 0 en finale malgré une fragilité à la cheville à la suite de son opération, même si c’était sa première compétition depuis les qualifications à Porec, elle reste la favorite pour représenter la France aux J.O.

Un Mickael Borot conquérant

Pas de réelle surprise chez les masculins. En - de 54 kg, Christophe Civiletti ne peut être détrôné, tout en explosion, il s'impose 7 à 1 en finale et gagne à nouveau le titre national. En - de 58 kg, Ludovic Vo et Ekvara Kamkasouphou ont fait un très beau parcours, même si la finale fut un peu décevante, le champion du Monde militaire, excellent ce jour-là, l'a emporté sur le score serré de 5 à 4 face à Ekvara qui échoue à nouveau de très peu. En - de 62 kg, Malik Mokdad toujours aussi spectaculaire s'est incliné de peu face à Zoubir Kefi, très bon ce jour là. En - de 67 kg, Aboubacar Diallo et Frédéric Sinseau, deux compétiteurs de très haut niveau se retrouvent pour une finale attendue, c'est finalement Sinseau qui s'impose 7 à 6, le résultat aurait vraiment pu tourner dans l'autre sens.

En - de 72 kg, Christophe Négrel, avec sa classe habituelle, survole sa catégorie, il bat Lagha 6 à 1 en finale. En - de 78 kg, Mamedy Doucara s'impose 10 à 3 face à Maaloum. En - de 84 kg, Mickael Borot, rageux et conquérant, s'impose face à   Karim Aoudja 13 à 4. Un score important et un Borot étonnant ; une belle revanche alors que certains le disaient un peu fini. Il revient et prouve qu'il est largement le meilleur.

Des favoris décevants

Tout le monde annonçait que Mikael Meloul, Moctar Doumbia et Pascal Gentil allaient se disputer le titre en lourds. Ils ont été tous les trois paralysés par l'enjeu à la différence de Djio Anderson qui a joué les trouble-fête et a bouleversé les pronostics que tous les spectateurs avaient pu faire. Dans la première demi-finale, Moctar ne semblait pas bien, à la suite de ses bons résultats récents (vice-champion du monde, vainqueur de l'open de Barcelone et du tournoi préolympique). Cette grosse pression lui a certainement nui, il n'a pas pu développer ses techniques comme il en a l'habitude, il a subi le jeu de son adversaire d'une manière trop attentiste, s'inclinant 5 à 4 après la déduction d'un point à cause de deux avertissements.

Dans l'autre demi-finale très attendue, les deux champions français les plus titrés s'affrontent dans un combat très haché. Mikael Meloul et Pascal Gentil ne se sont pas livré le combat tant attendu, c'est finalement le Guadeloupéen qui l'emporte 5 à 1 face au Niçois encore un peu court pour cette catégorie. Après avoir fait le plus dur en demi-finale, Gentil s'est facilement imposé 12 à 1 en finale face à l'outsider de cette compétition, le jeune Djio Anderson.

Pascal a comme il le dit, avec son assurance habituelle, avancé "un point de plus". Le grand perdant de la journée est Moctar, on l'imaginait continuer sa série de victoires, il a échoué mais est resté fair-play comme à son habitude, félicitant son adversaire malgré sa défaite.

Le championnat de France N1 2000 était une des dernières étapes importantes avant les J.O de Sydney, Pascal Gentil ne l'a pas ratée. Pour lui, c'est "just the beginning" alors que pour Meloul, "il y aura d'autres rendez-vous à ne pas rater cette fois-ci...". Doumbia qui n'a pas eu de confrontation directe avec le double champion d'Europe est plus positif lorsqu'il dit que "ce n'est pas grave, ce n'est qu'une étape". Le feuilleton n'est pas fini, il y a en effet encore l'US Open en février et la Coupe du Monde en avril. On espère que les poids lourds français brilleront et que CE SERA LE MEILLEUR QUI PARTIRA AUX J.O, en sachant que toute décision fera des déçus.

QUELQUES COMMENTAIRES DE PERSONNALITÉS PRÉSENTES

Les commentaires n'engagent que leurs auteurs.

Edouard Branco, arbitre de la compétition :

"Ce fut un championnat de haut niveau avec un public de connaisseurs, les finales entre les habitués étaient excellentes, elles donnent envie aux gens de pratiquer le TKD, cependant certains des meilleurs compétiteurs français n'ont pas donné aux spectateurs tout ce qu'ils attendaient.

En tant qu'arbitre central du combat Meloul/Gentil, j'ai trouvé que c'était un combat très dur a arbitré étant donné que les combattants avaient plus tendance à faire des fautes qu'à marquer des points. Gentil l'a emporté grâce à sa morphologie, doté d'une allonge extraordinaire qui a constamment gêné  Meloul obligé de faire des fautes. Dans l'autre demi-finale, Moctar n'a pas été conscient du temps qui s'écoulait et s'est fait piéger par Anderson qui a bien géré et n'était pas impressionné. La finale a été d'un niveau moyen tant par les techniques utilisées que par la différence impressionnante de niveau et d'expérience, Pascal s'impose largement.

Suite au prochain épisode..."

Benjamin John, responsable national de l'arbitrage :

"C'est un championnat moyen, à l'aube de l'olympisme et surtout à quelques mois de la Coupe du Monde, on espérait quelques confirmations de valeurs sûres ; beaucoup ont déçu, on constate qu'il n'y a pas de performances continues.

Chez les femmes, on a rien vu qui laisse présager une médaille aux J.O ; Audrey  a fait un bon retour ; Myriam encore convalescente n'a pas été très bonne.

Chez les lourds, on attendait un meilleur positionnement de Doumbia, ayant une meilleure intelligence tactique et une meilleure stratégie de gestion que notre ami Gentil, on imaginait un dénouement en finale, ce ne fut pas le cas... Mikael Meloul, qui a été décevant, a intérêt à retourner en mi-lourds pour la Coupe du Monde, on a constaté qu'il ne sait pas travailler contre les personnes d'un autre gabarit comme Gentil.

Cette compétition n'a pas donné une image de très haut niveau mais plutôt de faiblesse, malgré un niveau technique élevé, l'absence de grosses blessures et de problèmes de comportement, le niveau général n'a pas évolué. Le public est resté sur sa fin, il n'y a pas eu, à la différence des autres sports, de nouvelles lumières comme Anelka en football..."

Houcine Mezaache, directeur sportif national :

"Cette 2ème édition du Championnat de France Nationale 1 a tenu toutes ses promesses.

Pour des raisons évidentes, les médias se sont focalisés sur la catégorie des Lourds et en particulier sur l'opposition entre Pascal Gentil et Moctar Doumbia.

Avant la compétition, on ne parlait que de "la finale" entre ces deux athlètes exceptionnels que sont Gentil et Doumbia. Mais beaucoup ont oublié qu'en sport et au Taekwondo en particulier, aucun combat n'est jamais gagné d'avance.

Pour ma part, j'ai vibré pour d'autres catégories. Les moins de 58kg nous ont montré des combats de très haut niveau. Ludovic Vo avait certainement à cœur de prouver qu'il était toujours là après la grosse déception de la qualification olympique. J'ai beaucoup apprécié la qualité d'Ekvara, qui lorsqu'il est mené, n'abandonne jamais, et met une pression terrible sur ses adversaires. En ce qui concerne la catégorie des moins de 62kg, Kéfi Zoubir décroche (enfin !) le titre face à un surprenant Mokdad qui a changé de catégorie.

Au niveau de l'organisation de cette compétition, aucun problème à signaler. Si cela était possible, je décernerais une médaille d'or au public de Coubertin, un public en or !"

Mickaël BOROT a été pour moi l'athlète le plus percutant de cette compétition. C'était certainement le seul athlète à avoir démontrer que : Vitesse + force = Puissance. Un vrai combattant!"

Oury Stantzman, entraîneur national :

"Le championnat N1 reflète un excellent niveau chez l'ensemble des compétiteurs. Dans la catégorie des lourds, catégorie-reine, la surprise a été crée par Djio Anderson, un jeune prometteur qui vient renforcer le collectif des lourds se préparant pour Sydney. La "dernière ligne droite" avant les J.O s'annonce intense en terme de charge d'entraînements et d'attention portée sur les moindres détails pouvant faire la différence dans les combats futurs.

Ne l'oublions pas, nous avons rendez-vous à Lyon pour la Coupe du Monde et en Grèce pour le championnat d'Europe..."

Jesse Vanthuyne, coach de Janaïna Lemoine :

"Une entente parfaite, voilà comment je pourrais qualifier ma relation avec Janaïna, elle a été excellente, elle a suivi tous mes conseils et n' a pas douté une seconde face à Fathia qui est pourtant très expérimenté. 8 à 2, un score sans appel, les spectateurs et surtout ceux du CEB, ont joué leur rôle de troisième homme.

En dehors de ça, je ne souhaite pas polémiquer sur les résultats des lourds, il y aura d'autres échéances..."

PHOTOS ET RESULTATS

1999®