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COMPETITIONS

Coupe du Monde 2000 Lyon

14, 15, 16 avril

La Coupe du monde a eu lieu les 14, 15 et 16 avril 2000 au palais des Sports de Gerland à Lyon. C’était la première fois que la FFTDA organisait un événement de cette envergure. Elle n’a pas manqué sa tâche et cette Coupe du Monde restera dans les mémoires comme un exemple malgré quelques petits contretemps. Le niveau des combats était très bon malgré l’absence de certains compétiteurs qui se réservent pour les J.O.  La France, elle, a amené une équipe complète (16 compétiteurs). Les tricolores ont brillé et ont obtenu plus de médailles qu’ils ne l’avaient fait lors des coupes du Monde précédentes. Le public venu très nombreux a sans doute étét un des artisans de ce succès tant ses encouragements pour les Français étaient forts.

Vendredi 14 Samedi 15 Dimanche 16
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Vendredi 14 avril 2000

Les féminines, bonjour tristesse

France Pouzoulet (47 kg) ouvre le bal pour la France, elle rencontre au premier tour la Brésilienne Kell Kuranara, elle la bat   6-5. Elle ne réussit par contre pas à passer les quarts, elle s’incline 3-0 face à la Cubaine Urbia Melendez. En finale se retrouvent la Chinoise et l’Espagnole. Suite à un score de parité 2-2 à la fin du combat, l’arbitre donne la Chinoise Kong Fantao vainqueur.

En - de 51 kg, la France était représentée par Janaïna Lemoine du CEB, obligée (encore une fois) de faire un régime draconien deux jours avant le début de la Coupe du Monde pour se maintenir dans la catégorie dans laquelle elle était sélectionnée. Elle perd au première tour contre la Taïwanaise Hung Chia Chun 4-2. A court physiquement, elle n’a pas réussi à sortir son tuit qui lui avait permis de gagner au N1. La finale s’est jouée entre la Corée et la Turquie, les Coréns ont ainsi obtenu leur première médaille d’or grâce à leur victoire 4-3.

En - de 55 kg, Céline François est tombée pour son premier combat face à la Russe. Menée 6-5, elle parvient à 30 secondes de la fin a égaliser et à prendre l’avantage. Elle gagne 6-5, sous les applaudissements du public heureux du spectacle. Elle ne réussit pas à réitérer sa performance en quart et s’incline face à l’Espagnole Gemma Magna, 5-1. En finale, l’Américaine Linda Blues est battue par la Turque Zeynet Murat, 3-1.

La Marseillaise pour un Marseillais

Chez les masculins, les combats commencent avec la catégorie des - de 54 kg. Civiletti entre en course, il s’impose 6-2 face à l’Australien. Dans la même poule, l’Anglais Paul Green (champion d’Europe, vainqueur de la Coupe du Monde et plus récemment vainqueur de l’Open d’Antony) tombait face à l’excellent Espagnol, Juan Ramos. Certainement moins en forme qu’à Antony, il n’a pas pu rivaliser avec l’Espagnol, champion du Monde 97. Malgré un réveil tardif à la fin du troisième round, il perd 7-3.

Civiletti a poursuivi son parcours en quart face au Turc Iuncer Mert. Il s’impose 10-6 et prend ainsi largement sa revanche du championnat d’Europe où il avait perdu en finale face à ce même Turc. En demi, il retrouve l’Espagnol tombeur de Green, il parvient à s’imposer 3-2 après un combat très serré. Juan nous a confié qu’il trouvait cette victoire litigieuse. Même s’il semble que le dernier point de l’Espagnol ne se soit pas affiché, la victoire de Civiletti est amplement méritée. En finale, « Bello » retrouve le Taïwanais Chu Mu Yen. Nettement plus grand en taille, le Taïwanais n’a pas su profiter de son allonge, Christophe a toujours réussi à garder la distance nécessaire pour ne pas être inquiété. Avec l’aisance d’un danseur, il est resté à l’affût tel un félin. A la moindre ouverture, il rentrait et contrait son adversaire. Il s’impose 2-0 et obtient ainsi son premier véritable titre international, il avait jusqu’à présent joué de malchance lors de ses participations aux compétitions européennes et mondiales. Un fabuleux sacre pour ce Marseillais qui cache son excellent niveau derrière sa modestie.

Ludovic Vo, une défaite injuste

En - de 58 kg, Ludovic Vo incarnait de gros espoirs pour le staff français. Il fait son premier combat face à l’Iranien , il le bat 4 à 3 et accède au quart. Il tombe face au Taiwanais, il est mené 2-0, il revient  à 2-2 mais son adversaire reprend l’avantage 3-2. Ludovic attaque alors avec un superbe nélyo, il revient à 3-3 mais à quelques secondes de la fin, les juges donnent un point que personne n’a vu ni entendu au Taiwanais. Ludovic Vo, lui-même, nous a confié : « personne ne l’a vu, moi je ne l’ai pas senti ». Il s’incline, déçu mais accepte le résultat : « c’est la règle du jeu, ça arrive, on ne remet pas en cause l’arbitrage ». La finale s’est jouée entre l’Américain Moreno (dont vous pouvez lire l’interview) et l’Egyptien Abada . L’Américain, vice-champion olympique à deux reprises, a gagné par décision de l’arbitre après un score de parité 2-2.

Les Tigers s'envolent

Avant le début des demi-finales, a eu lieu la cérémonie d’ouverture de cette Coupe du Monde avec la parade des équipes, les discours de plusieurs officiels dont M. Viscogliosi (président de la FFTDA) et la très attendue démonstration des Tigers coréens. Cette équipe de démo professionnelle composée de jeunes a régalé le public de Gerland avec un spectacle de très haut niveau. Ils avaient rôdé leur show à Bercy au festival des arts martiaux. Dans un style qui s’approche parfois plus de la danse hip-hop que du Taekwondo, les tigres ont exécuté de nombreuses casses toutes plus spectaculaires les unes que les autres sur des musiques très rythmées.

Samedi 15 avril 2000

Blessure, arbitrage, malchance, rien ne va pour la France

Chez les féminines, en - de 59 kg, Carine Zelmanovitch a débuté face à la Canadienne, elle la bat 2-0 sans trop se fatiguer. Elle tombe ensuite face à la Turque Sibel Guter, elle s’impose 3-0 et accède au quart. Elle a un tirage difficile puisqu’elle a pour adversaire la Coréenne. Carine est menée 2-0, elle parvient à revenir au score, l’arbitre donne finalement, sous les sifflets du public,  la Coréenne vainqueur. La finale de cette catégorie s’est jouée entre la Mexicaine Salazar et la Hollandaise Lourens. La Mexicaine l’a emporté 4-3.

En - de 67 kg, Guylène Lara représentait la France, elle perd 4-3 à son premier combat, elle a très bien combattu malgré son manque d’expérience. L’attitude son adversaire laissait par contre à désirer. Cette catégorie a été remportée par la Chinoise Lumin He face à la Hollandaise Mirjam Muskens, par décision de l’arbitre après un score de 0-0.

En + de 72 kg, catégorie très importante pour la France, Myriam Baverel a débuté par un combat face à l’Australie, elle s’impose 6-3 après avoir été menée 1-0. Au tour suivant, elle tombe face à la Vietnamienne Tran, elle la bat sur un score sans appel de 5-0. Elle tombe en quart face à l’Italie, Myriam mène 3-2 au troisième round, mais elle perd un point à cause de la déduction de deux avertissements. On craint la décision de l’arbitre car seule l’Italienne a marqué au dernier round, heureusement, la Française marque un point (3-2) qui lui permet d’accéder en demi. Myriam est en demi face à la Coréenne Jung (championne du Monde). Blessée au pied, elle ne peut rien contre son excellente adversaire, elle s’incline 3-0. Une performance loin d’être mauvaise puisqu’elle revenait d’une blessure et d’un long arrêt. Elle continue sur sa lancée et prend encore de l’avance sur la concurrence française pour les J.O.  La première place est remportée par la Coréenne qui a battu l’Américaine Blyth, 12-4.

Chez les masculins, en – de 67 kg, Frédéric Sinseau s’incline dès son premier tour face au Taiwanais Hsu sur le score de 3-2. En finale, l’Américain Han tombeur de l’excellent Espagnol Zas se retrouve face à l’Iranien Bibak Asl qui avait battu le Taiwanais. L’Iranien s’impose après un très beau combat 6-2.

Doucara, la révélation

En - de 78 kg, le jeune Mamédy Doucara débute face au Suédois, il le bat 3-2 avec la manière. En confiance après sa victoire à l’Open d’Espagne, il tombe face au Cubain au second tour. Déchaîné, il fait un splendide combat et gagne 5-4. Il continue sa série de victoires en quart, il bat l’Iranien Adel, 6-3. Il tombe alors en demi-finale face au Coiréen Jang, il doit s’incliner face à celui-ci sur le score de 3-1. Il lui a juste manqué un peu d’expérience, en effet, il avait ce jour-là un mental à toute épreuve. Le Coréen s’impose plus tard en finale face à l’Iranien sur un score limpide 6-0.

Pascal fait son job à plein temps

En + de 84 kg, Pascal Gentil est très attendu pour plusieurs raisons. Tout d’abord parce qu’il a de grandes chances de partir à Sydney pour représenter les lourds français mais aussi parce qu’il est devenu une sorte de mascotte du Taekwondo français. Très présent dans les médias, il se devait de confirmer son statut de grand favori pour les J.O. Il n’a pas tardé puisque dès son premier combat, poussé par le public, il a écrasé l’Allemand 8-0. Il tombe ensuite face au Taiwanais Lu, il le bat 6-3. Il accède alors en demi, il rencontre alors l’Egyptien Rashwan, il menait 7-1 et son adversaire décide d’abandonner, critiquant le marquage de certains points. Détail comique, Pascal ramasse la serviette jetée par le coach égyptien (pour signifier l’abandon du combat) et s’essuie le visage. Un geste de plus qui contribue à renforcer son image de favori, il ne craint vraiment personne.

Il tombe en finale face à l’Espagnol Montesinos, 3e au championnat du Monde à Edmonton et seul adversaire ce jour-là vraiment capable de faire quelque chose pour l'empêcher de rajouter une ligne à son palmarès. Pascal mène 2-0 lorsque juste après la reprise du deuxième round, son adversaire tente une technique exceptionnelle. Il avance sur le Français, prend appui sur sa jambe avant et lui assène un fantastique tuitchagui au visage. Tout le monde craint le KO car Pascal n’a pas bougé. Compté par l’arbitre, il reprend le combat et marque un troisième point synonyme de victoire. Ireno Fargas, coach du compétiteur espagnol nous a confié : « la seule technique pour battre Gentil est de le mettre KO ». Pascal remporte la finale, son adversaire n’a marqué qu’un point mais quel point ! Un résultat de bon augure pour le Guadeloupéen même si, comme nous le disait Moctar Doumbia : « le niveau en lourds n’était pas très élevé ».

Dimanche 16 avril 2000

Les féminines décevantes

Chez les féminines, en 63 de kg, Ogéné Mojinson a passé le premier tour, elle est tombé au deuxième tour face à la Grecque, le combat se finit sur un score de parité 3-3, Ogéné l’emporte par décision de l’arbitre. Elle tombe en quart face à la Turque, elle perd 10-6. En effet, chaque fois qu’elle prenait l’initiative d’attaquer, son adversaire remisait et marquait le point. La finale s’est jouée entre la Corée et l’Espagne. La Coréenne Young Se a battu de justesse l’Espagnole.

En - de 72 kg, Valérie Hénin n’a pas pu passer le premier tour, elle s’est inclinée 13-5 face à la Marocaine Bourguigue. La catégorie a été remportée par la gigantesque Biélorusse. Profitant de son allonge, elle a battu 5-1 la Coréenne nettement plus petite.

Malik pas au encore au top mondial

Chez les masculins, en - de 62 kg, Malik Mokdad, vice-champion de France 2000, a perdu dès le premier tour face au Mexicain Salazar, 4-3. Malik n’a pas réussi à ressortir les splendides techniques qu’il avait utilisées à la Coupe de France et qui lui avaient permis de vaincre. Le Mexicain tombeur du Français est allé jusqu’en finale où il n’a cependant pas pu battre le Coréen Ko. Il a perdu 7-5.

Négrel, un réveil trop tardif

En - de 72 kg, Christophe Négrel a débuté par un combat face au Chinois Chen, il le bat largement 6-0 et accède au quart, il tombe contre l’Egyptien, il le bat 5-3, avec notamment un superbe tuit au plastron. L’Egyptien, mécontent du score et de l’attribution des points, jette son casque pour exprimer son énervement. Christophe, lui, continue son parcours, il gagne par forfait son combat suivant face au Grec.

Christophe est tombé en finale face à l'Iranien, champion du Monde. Le score est de 2-2 à la fin du premier round. A la reprise, l’Iranien marque à deux reprises grâce à des bandals, Christophe revient avec un superbe yoptchagui. Le deuxième round continue sur le même rythme endiablé et se finit sur le score de 5-3 pour l’Iranien. Au 3e round,  l’écart est toujours de 2 points, 7-5 pour l’Iranien. Christophe revient avec un nélyo puis avec un 360° bandal et enfin avec un tuit, le score est maintenant de 8-8. A dix secondes de la fin, les deux combattants marquent ensemble un point sur un échange de bandals. Ce combat fantastique se finit sur le score de 9-9, l’arbitre donne l’Iranien vainqueur. Cette victoire est méritée, il a en effet été le plus constant. Christophe Négrel n’a pas à rougir de sa performance, il échoue d’un rien face au champion du Monde .

La Corée fait des siennes

En - de 84 kg, Bruno Ntep, préféré à Michael Borot, a battu au premier tour le Vietnamien 7-3. Il a réussi à faire jeu égal avec le Coréen au tour suivant. A la fin du combat, le score était de 3-3, l’arbitre a donné le Coréen vainqueur. En demi, l’Iranien fait un superbe combat face au Coréen. A la fin du combat, véritablement fantastique, le score est de13-13. L’arbitre allemand prend une décision (courageuse) et donne le compétiteur iranien vainqueur. Le coach coréen, qui n’avait pas arrêté de se lever de sa chaise pendant tout le combat, a littéralement attaqué l’arbitre après l’annonce du vainqueur, n’hésitant pas à le pousser. Le public a sifflé cette réaction anti fair-play et a réservé une standing-ovation au compétiteur iranien. En finale, le Cubain Angel Matos a rencontré l’Iranien, il l'a battu à l’arrachée 8-7.

Le mot de la fin

Pour conclure, on peut dire que de l’avis de tous, c’était une très belle compétition avec une organisation excellente et un niveau de combat élevé. La France se classe deuxième nation derrière l’Iran et (une première !) devant la Corée avec 2 médailles d’or, 1 d’argent et 3 de bronze. Seule petites notes négatives, le comportement de l’équipe égyptienne et de l’équipe turque qui ont des attitudes anti-sportives lorsqu’elles perdent et les réactions de la délégation coréenne lorsque les décisions de l’arbitre ne lui conviennent pas. Comme nous le confiait Luc Sougné, président de la fédération belge, le Taekwondo doit devenir « non plus un simple art martial coréen mais un sport mondial et global correspondant à la définition de l'olympisme », cela passe sans aucun doute par des sanctions contre les équipe qui ne respectent pas les règles du fair-play.

Texte : Pierre Branco
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